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  • Marc Di Felice

C.H.O. : "le bonheur ne se délègue pas"

“Responsable en chef du bonheur” : partant du principe qu'un salarié heureux est plus efficace qu'un salarié qui ne l'est pas, Chade-Made Teng, salarié de Google, inventait dans les années 2000 le concept de "Jolly good fellow", lequel, tout en faisant sa fortune, allait faire florès dans la Silicon Valley sous le terme de Chief Happiness Officer.


De fait, certaines études du M.I.T ou de Harvard semblent confirmer qu'un “salarié heureux est deux fois moins malade, six fois moins absent, ou encore neuf fois plus loyal qu'un salarié qui ne l'est pas”. Comme la réussite des entreprises de la Silicon Valley a fait d'elles un modèle au moins pour les entreprises du monde occidental, le terme et la fonction se sont rapidement diffusés au sein de ces dernières, y compris en France.


La définition du bonheur


Mais dans des sociétés où les philosophes entre autres recherchent depuis des millénaires les clefs du bonheur, hélas sans les trouver, à quoi peut correspondre la fiche de poste d'un "C.H.O." ?


Qu'on se rassure tout de suite, contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre, le responsable en chef du bonheur n'est pas un envoyé de Dieu sur terre ou dans l'entreprise mais une personne chargée, sans caricaturer beaucoup, de s'assurer qu'il reste du café dans la machine à café, qu'il y a bien suffisamment de places sur le parking, voire de faire remonter les souhaits des salariés en termes de salle de sports.


Bref comme l'admettait sans fard l'entreprise pionnière du concept en France (les laboratoires Boiron), qui prit modèle sur le "GO" du Club Méditerranée, le responsable du bonheur en entreprise est la personne qui "s'arrange pour que les gens se parlent entre eux, que l'ambiance soit conviviale". On est plus près du concept original de "bon camarade" ("good fellow") que de celui qu'il est devenu ("responsable").


Bon camarade

Au final, en dépit des difficultés que nous pouvons rencontrer dans notre recherche et notre définition du bonheur, ce qui est trompeur dans le terme de responsable en chef du bonheur, ce n'est pas le mot bonheur mais le mot chef : le Chief Happiness Officer n'est pas différemment chef que le responsable qualité hygiène sécurité par exemple, dont les missions peuvent -ou doivent- d'ailleurs parfois se recouper. Pas étonnant dès lors que près d'un tiers des postes, d'après une étude Joblift" citée par "Le Monde", soient occupés par des stagiaires.


Le bonheur est-il délégable ?


Mais le bonheur est-il délégable ? Il est permis d'en douter : si le poste de CHO s'exerce dans une entreprise dont le management est ouvert, responsabilisant et motivant, avec une ligne directe vers le sommet, on peut espérer qu'il contribue réellement à un certain niveau de bonheur des salariés quand ils sont dans leur environnement professionnel (tous les mots de cette phrase ont leur importance), mais s'il s'agit simplement de suivre un effet de mode en s'achetant une bonne conscience tentant de masquer un management méprisant, autoritaire et démotivant, il est permis de douter du résultat.


En fait, s'il existe un vrai poste de Chief Happiness Officer dans l'entreprise, c'est celui du dirigeant... Et à ce stade, bon nombre de dirigeants de PME qui lisaient cette chronique avec un sourire amusé se retrouvent projetés au premier plan. La chose n'est pas nouvelle, elle portait autrefois le nom prononcé avec dédain de paternalisme. Si fort heureusement les modes de management ont évolué ces dernières décennies, la composante "bien être du salarié", à défaut d'un bonheur impossible à définir, était dans ces contextes la plupart du temps prise en compte, avec leurs moyens, par ces entreprises.

Le "taux de sourire" des entreprises



Les choses ont désormais heureusement changé, mais il est possible, lorsque l'on visite des PME d'aujourd'hui en faisant le tour des bureaux et des ateliers, d'y mesurer intuitivement un "taux de sourire", en regrettant qu'on ne puisse pas le mettre en équation car l'on se rendrait probablement compte, pour conclure en donnant quand même raison sur le fond à Google, que ce "taux de sourire" est probablement fortement corrélé au taux de performance de l'entreprise et in fine à ses résultats.


N’hésitez pas à partager ou liker cet édito, et à me questionner si vous souhaitez travailler la motivation dans votre entreprise